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Optimisation de l’internet mobile

Avec Deep Packet Inspection, les opérateurs analysent la consommation de contenus afin d’avoir une stratégie objective de tarification du service

 

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Mayank Sharma : « Comment offrir un contenu riche et une expérience Internet “en un clic” aux utilisateurs de l’accès à haut débit, alors que les revenus n’augmentent pas en proportion du volume de données ? C’est là que la technologie doit jouer un rôle. »

 

L’environnement mobile, très dynamique et en perpétuelle mutation, semble complexe à appréhender. Ainsi, de plus en plus de consommateurs utilisent l’internet mobile, ce qui induit une demande croissante pour l’accès à un haut débit, une navigation intuitive et l’amélioration de la personnalisation et de l’interactivité. Dans le même temps, les portails médias sont de plus en plus fournis et offrent des contenus évolués.

Par ailleurs, la récente augmentation de la capacité de bande passante en Afrique permet le déploiement des réseaux à haut débit. Ces réseaux haut débit, dont les capacités se trouvent ainsi augmentées, participent à l’accroissement des services Internet mobiles. Globalement, la prolifération de terminaux mobiles supportant Internet, la demande pour les applications liées au web 2.0, ainsi qu’une plus grande pénétration de la 3G et la convergence mobile haut débit, signifient que le web mobile fait de plus en plus partie intégrante de l’ensemble des usages multimédia et de la vie quotidienne.

Par des techniques de compression de fichiers, on peut réduire de manière significative la taille du contenu web et des objets utilisant le réseau. Cela permet d’économiser la bande passante et de réduire les temps
de réponse.

Selon les derniers chiffres de l’industrie, le contenu mobile et les revenus des services en Afrique vont croître à un TCAC(1) de 21,9% de 2009 à 2011. En 2013, il y aura 1,4 milliard d’utilisateurs de l’internet mobile et les revenus du mobile data augmenteront de 120 milliards $. Bien plus, alors que la messagerie mobile et l’internet mobile sont considérés comme des services de base et une source d’informations pour les particuliers à travers le monde, beaucoup de gens dans les marchés émergents n’ont jamais eu accès à ces services. L’utilisation de l’internet mobile sera particulièrement importante dans ces pays parce que l’accessibilité et l’omniprésence du téléphone mobile en ont fait une alternative populaire au PC, plus coûteux. La relativement faible bande passante, la couverture limitée et les contraintes imposées par les téléphones ont freiné le développement d’applications data et ralenti leur adoption en Afrique et dans les marchés émergents. Maintenant que les communications mobiles influencent tous les secteurs de la société, on peut parier que les couches auparavant mal desservies auront leur première – et peut-être leur seule – expérience de l’internet via un téléphone mobile. Le passage de la navigation WAP, limitée à une vraie expérience web complète sur le mobile, va changer la dynamique de l’utilisation d’Internet à travers l’Afrique, c’est-à-dire partager l’information pour toujours, et donc changer la façon de communiquer.
Afin d’être en mesure de couvrir la demande liée à l’usage intensif de l’internet mobile, les opérateurs devraient normalement investir dans la modernisation de leur bande passante. Cependant, le coût de cette bande passante à travers l’Afrique est élevé par rapport aux autres marchés qui sont développés ou matures – et, selon les données actuelles, les prévisions du retour sur investissement dans la bande passante, nécessaire pour offrir une expérience Internet haut débit, ne sont pas très intéressantes.
A travers le monde, même chez les opérateurs des marchés matures et développés, l’énigme demeure : comment offrir un contenu riche et une expérience Internet « en un clic » aux utilisateurs de l’accès à haut débit, alors que les revenus n’augmentent pas en proportion du volume de données ? C’est là que la technologie doit jouer un rôle.

Pré-requis technologiques
Un certain nombre de technologies permettront aux opérateurs de résoudre cette énigme et d’offrir une expérience améliorée à l’utilisateur, tout en assurant des revenus proportionnels au volume des données.
Le cache est une technique éprouvée pour éliminer les configurations redondantes de données des serveurs d’origine par le stockage local de tout ou partie d’une page web, afin d’optimiser l’utilisation de bande passante. D’autres techniques telles que l’accélération peuvent offrir une expérience de service optimal et doper l’adoption du web mobile par les utilisateurs.
Par des techniques de compression de fichiers, on peut réduire de manière significative la taille du contenu web et des objets utilisant le réseau. Cela permet d’économiser la bande passante et de réduire les temps de réponse. Les opérateurs ont également besoin de mieux présenter le contenu et de le personnaliser pour faciliter la navigation.
Comviva a constaté qu’avec le déploiement de plateformes qui exploitent ces technologies, les opérateurs sont en mesure de réduire de plus de 40% la bande passante et les investissements CAPEX(2).
Dans le même temps, la facilité de navigation a conduit à une utilisation des données de plus de 30%. Cela se traduit, de façon significative, par une augmentation de l’ARPU(3) au niveau du trafic de données. Un domaine de croissance vital, étant donné la pression constante sur les revenus de la voix.
Ainsi, la mise en œuvre d’une telle solution – qui intègre des technologies clés – permet de rentabiliser la livraison du trafic Internet et des données, tout en améliorant l’expérience du service chez l’utilisateur final. Cependant, comme l’utilisation des données va continuer à croître, les opérateurs doivent s’assurer que leur solution est évolutive et qu’une migration est faisable à moindre coût.

Présentation du contenu
Pendant que les techniques de mise en cache, de compression et d’accélération les aident à améliorer l’expérience utilisateur en termes de temps de réponse, les opérateurs doivent également étudier la question : comment améliorer davantage l’interfaçage ? La présentation du contenu est partie intégrante de l’expérience d’un service amélioré.
Afin de garantir une expérience qui réponde à leurs engagements, les opérateurs doivent offrir un contenu sur mesure et des abonnements permettant des flux d’informations personnalisés, tout en fournissant des fonctionnalités essentielles – sans nécessiter une mise à niveau de l’appareil. La présentation du contenu et la personnalisation aident les clients à trouver plus rapidement leur chemin vers le contenu souhaité et permettent une expérience optimale de navigation sur tous téléphones compatibles à la réception de données. Ainsi, de façon transparente pour les utilisateurs, les optimisations créées par les techniques de présentation de contenus ont une grande influence sur l’amélioration de l’expérience de l’utilisateur, notamment en termes de performances.

Personnalisation
En dépit des avancées significatives, le problème particulier des navigateurs « web mobile » actuels, c’est qu’ils sont en deçà de ce que veulent vraiment les « utilisateurs ». La personnalisation résout ce problème, car elle prend en compte les intérêts du consommateur numérique, c’est-à-dire son comportement face au contenu. C’est essentiel pour améliorer la convivialité et l’adoption des services Internet mobile. Avec l’emploi de la fréquence et l’heure de la visite comme logique d’utilisation prédictive, les opérateurs peuvent créer une interface favorite pour introduire une session de navigation. Sur la page de démarrage, les opérateurs peuvent ainsi faire apparaître les sites favoris et l’historique, comprenant des paramètres personnalisés, un habillage préféré, une taille d’image, une taille de la police, et bien plus encore. Pour l’utilisateur, cela réduit la distance pour cliquer sur le site et engendre, a fortiori, un impact positif.

Optimisation du réseau
Malgré l’augmentation perpétuelle de la capacité des réseaux, l’utilisation des applications sur le web mobile a augmenté à un rythme alarmant. Cela entraîne un usage intensif de la bande passante à cause des contenus web riches, transférés par centaines de kilo-octets. En alliance avec leurs fournisseurs d’infrastructures Internet mobile, les opérateurs peuvent optimiser leurs plateformes d’accès où transite le trafic Internet mobile. Car un impact positif sur l’expérience utilisateur sera ressenti en ce qui concerne la performance globale. Cette optimisation peut entraîner des améliorations significatives dans les temps de réponse, ainsi que la réduction de la quantité de bande passante consommée.

Deep Packet Inspection
Avec l’utilisation croissante de données et une demande accrue d’accès aux contenus, les opérateurs ont besoin de réfléchir sur la facturation de l’utilisation des données. Pour ce faire, il est essentiel de distinguer les différents types de contenus consommés. De sorte que le contenu facturé soit celui qui garantit de façon optimale l’expérience de l’utilisateur. Avec Deep Packet Inspection, les opérateurs analysent la consommation de contenus afin d’avoir une stratégie objective de tarification du service – et de rentabiliser l’internet mobile.

Politique de management
Afin de permettre la mise en œuvre d’une stratégie de prix avec de bonnes marges, les opérateurs doivent être en mesure de garantir une qualité de service pour les données correspondant à ces prix. Une politique de gestion dynamique s’impose aux opérateurs : un trafic prioritaire – contenus premium – est traité comme tel. Un moteur de gestion des requêtes dote les opérateurs d’un contrôle sur la gestion du trafic de données, permettant la mise en œuvre d’une stratégie profitable de tarification du service.

Les opérateurs doivent profiter des avancées technologiques et innover dans la tarification de leurs solutions data dans l’exploitation du web mobile, afin qu’il soit optimal pour le client et rentable pour eux.

Exigences du terminal
Un nombre important de facteurs exogènes, dont le téléphone influant sur la qualité de service, sont en dehors du cadre de contrôle immédiat de l’opérateur et de l’utilisateur. Ces facteurs comprennent les caractéristiques du terminal tels que la forme, la résolution de l’écran, l’interface utilisateur, les fonctionnalités du navigateur, la visualisation de contenu, web et la mise en page. C’est donc quasi impossible d’avoir une technique bateau, un protocole ou un dispositif pour améliorer les performances de l’internet mobile. Néanmoins, l’opérateur peut optimiser l’expérience utilisateur en déployant des widgets(4), qui permettent une diffusion optimisée de contenus. Cependant, des actions concertées de tous les acteurs de la chaîne de valeur peuvent fournir une expérience utilisateur homogène.

Garder un œil sur l’essentiel
Pour conclure, disons que les opérateurs doivent profiter des avancées technologiques et innover dans la tarification de leurs solutions data dans l’exploitation du web mobile, afin qu’il soit optimal pour le client et rentable pour eux. Des efforts sont déployés actuellement par les prestataires de services pour que les utilisateurs migrent d’une tarification « à la minute » vers les forfaits « illimités », afin de stimuler la consommation des services data. Dans de nombreux marchés émergents, notamment en Afrique, les opérateurs offrent des forfaits journaliers, hebdomadaires ou mensuels permettant aux utilisateurs de contrôler les coûts de navigation en fonction de leur budget.
Bien que cette approche participe à la vulgarisation de l’internet mobile, les opérateurs doivent également garder un œil sur la rentabilité. La faisabilité de l’offre « illimité » ne pourra pas tenir dans le moyen et long termes. Les opérateurs auront besoin de facturer différemment pour les services premium – et d’assurer la qualité de service pour ces offres. C’est là où la technique du Deep Packet Inspection intervient.
Il est clair que l’internet mobile est un segment clé de croissance et qu’il représente une opportunité majeure de revenus pour les opérateurs, mais il faut veiller à ce qu’il ne soit pas trop coûteux par rapport aux volumes de trafics générés, et qu’il s’accompagne de stratégies de tarification différentielle. y

Par Mayank Sharma
Vice-président de Comviva pour la Région Afrique
mayank.sharma@comviva.com
www.comviva.com

(1) : Taux de croissance annuel cumulé (Compound Annual Growth Rate – CAGR en anglais).
(2) : Terme anglo-saxon faisant référence au financement des investissements corporels ou incorporels (Capital Expendature).
(3) : Désigne chez les opérateurs téléphoniques le revenu moyen par abonné (Average Revenu Per Unit ou Average Revenu Per User).
(4) : Désigne une application permettant d’accéder à une information précise.

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