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Le credo numérique du Congo : « e-gouvernement, e-business et e-citoyen »

Entretien avec Léon Juste IBOMBO, Ministre des Postes et des Télécommunications.
Reseau Telecom Network (RTN) :Quel bilan pouvez-vous faire depuis votre prise de fonction?
Léon Juste IBOMBO : Je tiens d’abord à remercier le journal Reseau Telecom pour l’occasion qu’il m’offre pour parler du secteur des Télécommunications et des TIC en République du Congo. Je peux vous assurer que, grâce à la vision du président de la République, Son Excellence Denis SASSOU NGUESSO, des lois et règlements ont été prises afin de structurer de manière très efficiente ce secteur. Je citerais, la loi n°10-2009 du 25 novembre 2009 portant réglementation du secteur des postes, qui a consacré sa libéralisation, mais aussi, la loi n°10- 2009 du 25 novembre 2009 portant création de l’Agence de Régulation des postes et Communications Electroniques (ARPCE), un opérateur historique CONGO TELECOM et trois opérateurs de téléphonie mobile dont AIRTEL Congo S.A, AZUR Congo et MTN Congo S.A. qui est en pleine migration vers la 4G, des fournisseurs d’accès internet et bien d’autres prestataires.
Au premier trimestre de l’année en cours, le marché congolais a enregistré plus de 4,2 millions d’abonnés. Et ce marché de la téléphonie mobile est composé à 99,3% d’abonnés prépayés contre 0,7% d’abonnés post payés. A ce jour, le taux de pénétration du marché de la téléphonie mobile est estimé à 90,9% au premier trimestre 2016, contre 95,7% au quatrième 2015. Le marché se porte donc bien et le secteur contribue de façon significative au budget de l’Etat. Je ne peux que m’en féliciter. Mais il s’agit pour nous maintenant d’optimiser d’avantage les rendements de ce secteur et de fournir des meilleurs services qualité/prix à nos compatriotes et de renforcer l’arsenal juridique du
Congo, avec des lois sur la cybersécurité, la protection des données à caractère personnel et la lutte contre la cybercriminalité.
Notre pays dispose d’un point d’échange internet et la procédure de ré-délégation de notre nom de domaine, à travers l’association congolaise de nommage internet en coopération, a permis aux administrations et personnes privés de solliciter et d’utiliser l’identité numérique du Congo, le .cg.

RTN : Quels sont les grands projets d’infrastructures Telecom dans votre pays ? À quelle étape en êtes-vous ?
LJI : La volonté de Son Excellence Monsieur le Président de la République, telle qu’exprimée dans son projet de société, LA MARCHE VERS LE DEVELOPPEMENT, est « d’arrimer le Congo au développement l’économie numérique ». Cette vision du Chef de l’Etat cadre bien avec les recommandations du Sommet Mondial de la Société de l’Information, appelant les pays du monde à « édifier une société de l’information à dimension humaine, inclusive et privilégiant le développement ».
Pour ce faire, le Gouvernement avait mis en chantier un grand projet de couverture nationale en télécommunications
(PCN). L’objectif du PCN était de mailler l’ensemble du territoire en infrastructures de télécommunications. A ce jour, les deux premières phases sont complètement achevées et notre pays dispose d’une dorsale allant de Pointe-Noire, au sud du pays, à Ouesso, dans la partie septentrionale. Il sied également de souligner que le Congo est connecté au câble sous-marin du consortium WACS. Nous nous apprêtons à lancer la troisième phase du PCN, qui vise à connecter les ménages ou usagers finaux en technologie FTTH, afin que l’ensemble de nos populations jouisse des bienfaits du haut débit. Nous avons également d’autres projets qui seront implémentés avec le concours de la Banque Africaine du Développement, notamment la mise en place d’une administration électronique, la construction d’un data center et d’un incubateur, l’érection d’un parc technologique (technopôle).
Toutes les études y relatives ont été réalisées et il ne reste plus le financement pour passer à la phase de mise en oeuvre.

RTN : Pouvez-vous nous en dire plus sur le projet CAB Congo de déploiement de la fibre optique ?
LJI : Le projet Central Africa Back bone, en sigle CAB CIT-CG est un projet d’intégration sous régionale cofinancé avec la Banque Mondiale.
Initié par les Chefs d’Etats lors du Sommet de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), tenu à Djamena en avril 2007. Ce projet vise l’interconnexion de certains pays de l’Afrique centrale. L’année dernière, les Gouvernement du Congo et du Gabon ont lancé les travaux de construction de ce réseau d’interconnexion des deux pays. J’ai récemment effectué une visite de chantier sur le terrain et je peux vous assurer les travaux de génie civil, en ce qui concerne l’axe Pointe-Noire – Dolisie – Mbinda ( frontière du Gabon) de
504 Km, les travaux sont pratiquement achevés, il ne reste plus qu’un tronçon de tunnel d’environ 10km à franchir. Ensuite, nous passerons à la seconde étape qui consistera à installer les équipements actifs devant permettre d’allumer la fibre optique.
En principe, dans trois mois environ, ce projet sera opérationnel.

RTN : A quoi doit-on s’attendre à court, moyen et long terme ?
LJI : Comme je l’ai souligné plus haut, nous aimerions ériger au Congo, une société de l’information et du savoir.
Nous souhaitons donc achever tous nos projets en cours et offrir aux congolais tous les services des technologies de l’information et de la communication. Le Gouvernement va ouvrir des écoles préparatoires dédiées aux TIC et rendre l’usage du cartable électronique et l’ordinateur obligatoire.
Nous doterons notre pays d’une société nationale de patrimoine afin de gérer nos infrastructures de télécommunications, une agence nationale de développement des TIC, d’une autorité de certification et d’une autorité de certification, bref ! les réformes profondes seront opérées.

RTN : Quelle stratégie/politique avez-vous mise en oeuvre pour intégrer les TIC ?
LJI : La stratégie du Congo est définie dans notre document de politique nationale de développement des TIC, la cyberstratégie. Cette stratégie est la mise en route d’un vaste programme de développement du secteur des TIC, en cohérence avec la vision exprimée par le Chef de l’Etat et s’articule autour de trois piliers : le e-gouvernement pour le développement des Services et contenus TIC pour le gouvernement et administrations publiques, le e-business pour
l’amélioration des infrastructures de base pour les acteurs du secteur privé et le e-citoyen pour Services et contenus pour le grand public. Le document y relatif, qui vient d’être actualisé, sera soumis à l’approbation du Gouvernement dans les jours à venir, afin de passer à la phase de mise oeuvre.
Cependant, dans le cadre du projet du réseau panafricain de services en ligne, notre pays a déployé avec l’aide du Gouvernement indien des infrastructures de télé enseignement et télé médecine. Le premier est opérationnel et plusieurs étudiants congolais y sont inscrits.
Quant au second, le matériel est en cours d’installation.

RTN : Comment attirer les investisseurs afin de booster l’économie congolaise grâce aux NTIC?
LJI : Nous poursuivons la réforme du secteur entrepris depuis quelques années, afin de créer une cadre favorable,
propice et offrant des garanties suffisantes. Ici, on peut parler du service universel à venir, de la SPN, etc..
Le Gouvernement entend rendre opérationnel le Fonds d’impulsion et de garantie au profit des TPE, PME/PMI afin de financer ou garantir les financements.

RTN : Votre vision pour le développement du secteur des TIC au Congo?
LJI : Notre vision est celle exprimée par Monsieur le Président de la République : « arrimer le Congo au développement de l’économie numérique et rendre accessible au plus grand nombre de nos concitoyens l’outil informatique et l’internet ». Le Gouvernement a l’obligation de donner l’accès à l’internet haut débit à un grand nombre de congolais, pour leur permettre d’accéder au même moment à l’information, à l’éducation, à la formation, à la culture, aux loisirs, au télétravail, au commerce à distance, aux formalités administratives en ligne.

RTN : Votre mot de fin
LJI : Merci à Réseau Télécom, d’avoir permis que nous parlions du département dont nous avons la charge, à savoir les postes et télécommunication.
Enfin, dans le secteur des postes, nous allons accentuer le travail avec les partenaires pour offrir de nouveaux services financiers postaux et récréer un lien entre la population et nos postes; parce que nous voulons que la poste congolaise devienne un véritable outil de développement.
Je vous remercie!

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