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Jean Norbert Diramba (DG de la SPIN) : « Nous pouvons prendre des actions et créer des entreprises »

Engagé dans le soutien des jeunes start-ups gabonaises, Jean Norbert Diramba, le nouveau directeur général de la Société de Patrimoine des Infrastructures Numériques (SPIN) dont la mission est d’exploiter, de maintenir et de commercialiser les infrastructures numériques de l’Etat, dont le Backbone National en fibres optiques, présente les défis qui se posent à sa société.

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Réseau Telecom Network : L’État gabonais, par l’intermédiaire de la Société de Patrimoine des Infrastructures Numériques (SPIN), a officiellement attribué en avril 2015 à Libreville, l’exploitation, la maintenance et la commercialisation de ses deux réseaux de fibre optique (terrestre et sous-marine) au groupe français Axione (filiale de Bouygues Energies & Services) au terme de la signature d’une Convention de Délégation de Service Public (DSP) entre les deux parties. Pourquoi avoir choisi ce modèle de collaboration ?

Jean Norbert Diramba : C’est tout simple ! La SPIN est une jeune entreprise. Elle a été créée en juin 2012 avec pour mission d’exploiter, de maintenir et de commercialiser les infrastructures numériques mises à sa disposition par l’État, afin de réduire la fracture numérique en République gabonaise.

En juin 2014, la SPIN a reçu de l’État deux infrastructures de grande valeur à savoir le point d’atterrissement du Câble fibre optique ACE et le Câble fibre optique sous-marin qui relie Libreville à Port-Gentil.

Pour atteindre rapidement ses objectifs, nous avons fait appel à un opérateur d’infrastructures ayant une expérience avérée dans le domaine. Le choix de ce modèle nous permet de concilier deux objectifs majeurs : la rentabilité de l’investissement et la réduction de la fracture numérique.

 

RTN : Est-ce à dire que sept ans plus tard ce sont les Gabonais qu’on retrouvera à la manette des actions dévolues à la SPIN ?

 JND : oui, la SPIN a signé avec le groupe Bouygues Energies & Services et Axione pour une durée de sept ans. Au terme de ces sept années, nous allons nous même opérer ces infrastructures.

 

RTN : Où situez-vous la barrière entre les actions de la SPIN et les actions de l’ANINF ?

JND : Le modèle économique de notre système est simple. Le ministère de l’Économie numérique définit les politiques publiques, l’ANINF dans un de ses volets construit les infrastructures numériques et la SPIN les exploitent, les maintient et les commercialise.

 

RTN : La SPIN a-t-elle déjà commencé à prendre des actions dans les activités des acteurs de l’économie numérique au Gabon comme prévu ?

JND : Non. Cela fait effectivement partie des missions de la SPIN. Dans nos attributions, nous avons la gestion des participations de l’État dans les entreprises du secteur de l’Économie numérique. Nous pouvons prendre des actions, créer des entreprises, mais cela suppose que nous ayons déjà des capacités financières suffisamment importantes. Une meilleure rentabilité de nos infrastructures nous permettra de dégager des revenus nécessaires qui nous permettrons le financement et la prise des participations dans les entreprises du secteur de l’économie numérique.

 

RTN : Avez-vous déjà évalué le marché des start-ups au Gabon et comment entendez-vous soutenir ces jeunes gabonais qui ont des initiatives intéressantes, mais qui n’ont pas toujours des moyens pour se lancer ?

JND : Le Salon international de l’Économie numérique que va organiser le ministère de l’Économie numérique à la mi-décembre 2015 nous donnera l’occasion d’exposer là-dessus. Notre stratégie repose sur le concept du Co-working, d’incubateur et la mise en place d’un fonds destiné à la prise de participation dans les start-up.

 

RTN : Concrètement, comment va fonctionner cet incubateur ?

JND : Il y a deux possibilités pour y accéder :

Première possibilité, les jeunes développeurs issus de l’espace de Co-working ayant des meilleurs projets innovants ; deuxième possibilité, les détenteurs de meilleurs projets innovants réalisés hors de l’espace de Co-working. La SPIN accompagnera les porteurs de projets par un encadrement et une prise en charge des dépenses liées au développement du projet dans une période déterminée que nous estimons à moins d’un an.

 

RTN : Quels sont les principaux projets sur lesquels la SPIN travaille à ce jour ?

 JND : Nous travaillons sur la finalisation du projet du backbone, nous suivons avec l’ANINF la réalisation du projet CAB4, dans sa phase première qui va de Libreville à Franceville pour atteindre la frontière avec la République du Congo.

De même, pour les besoins de la CAN 2017, le président de la République a instruit le gouvernement de mettre en œuvre rapidement la deuxième phase de ce projet.

Nous avons un autre projet, celui de la mutualisation des points hauts. La mise en œuvre de ce projet a pour avantage, de lutter contre la problématique environnementale et sanitaire d’un part, et de baisser les coûts d’exploitation des opérateurs du secteur.

Pour l’année 2016, nous mettrons l’accent sur le développement de l’espace de Co-working, la mise en place de l’incubateur et le suivi de la convention de Délégation de service public (DSP).

 

RTN : Quelle est la nature de vos rapports avec le ministère de l’Économie numérique ?

JND : La SPIN est placée sous la double tutelle de la Présidence de la République et du ministère de l’Économie numérique sur le plan technique.

Nous mettons en œuvre la politique du gouvernement définie par le ministère en charge de l’Économie numérique.

 

RTN : Cela veut dire que vous rendez compte au ministère de l’Économie numérique et à la Présidence de la République…

JND : Effectivement !

 

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