A la une

Alex Bernard BONGO ONDIMBA : « Nous avons pris la mesure du potentiel des jeunes Gabonais dans le développement des applications numériques »

Dans la logique de sa politique de développement par les TIC, l’État gabonais s’est doté d’institutions fortes pour pouvoir contrôler la croissance dans le secteur. C’est ainsi que l’ANINF fut créé en 2011 pour hisser progressivement le Gabon au rang des pays émergents, conformément à la vision du Président de la République S.E Ali BONGO ONDIMBA. À l’occasion du dossier spécial Gabon, le Directeur Général de l’ANINF nous a accordé une interview dans laquelle il explique clairement les missions, réalisations et perspectives de la structure qu’il dirige.

Alex Bernard Bongo Ondimba (Directeur Général de l’ANINF)

Alex Bernard Bongo Ondimba (Directeur Général de l’ANINF)

 

Reseau Telecom Network (RTN) : À quoi répond votre participation au 3ème sommet Inde-Afrique ?

Alex Bernard BONGO ONDIMBA (ABBO) : Je voudrais tout d’abord vous remercier pour l’intérêt que votre magazine manifeste une fois de plus à l’endroit de l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF). Comme vous le savez l’avènement du secteur de l’Économie Numérique au Gabon, est une des exigences du projet « Gabon Émergent » de son Excellence Monsieur le Président de la République S.E Ali BONGO ONDIMBA. Ce secteur d’avenir a généré l’an dernier, un chiffre d’affaires de 293 milliards FCFA, il emploie plus de 12 000 personnes et a contribué à hauteur de 5% du PIB du pays. Ce dynamisme est perceptible à travers de nouveaux services et métiers dans les domaines de la banque, de la finance, des postes et télécommunications, de la formation, des médias… C’est donc tout naturellement que l’Agence a pris part au sein de la Délégation gabonaise, au 3ème sommet Inde-Afrique afin de nouer des partenariats de développement dans le secteur des technologies de l’information et de la communication, et bénéficier ainsi de l’expertise technologique des compagnies indiennes.

Aussi, avons-nous signé un accord de partenariat avec la Société indienne MU SIGMA, un des leaders mondiaux de l’externalisation des services avancés d’aide à la décision et l’Indian Centre for Social Transformation (ICST), Fondation reconnue d’utilité publique œuvrant dans le numérique.

Ces accords se matérialiseront à court terme avec la formation de plusieurs centaines de nos compatriotes et la mise en place d’un dispositif évolué d’administration numérique qui facilitera l’information, l’orientation et l’accès des usagers aux services publics.

 

RTN : En Août 2015, Michaelle Jean, la Secrétaire Générale de la francophonie lançait ici à Libreville, le Fonds Francophone pour l’innovation numérique, quelles ont été vos attentes ?

 

ABBO : Pour rappel, la création du Fonds Francophone pour l’innovation numérique (FFIN) découle de la décision des chefs d’État et de Gouvernements de la Francophonie qui avaient appelé en 2010 à une redynamisation de l’action francophone vers le secteur du numérique. Plus tard en 2012, une stratégie pour accompagner l’innovation et intégrer les pays en développement dans l’économie numérique a été mise en œuvre.

Effectif aujourd’hui, le FFIN va appuyer les politiques publiques de nos pays à l’instar du Gabon avec son plan sectoriel Gabon Numérique, dans les domaines de l’innovation, de la créativité. Il favorisera la conception d’applications numériques par les jeunes, le développement de nouveaux talents motivés, et surtout la mise en place d’initiatives concrètes pour l’entrepreneuriat des jeunes (création d’incubateurs dans les TIC), priorité des plus Hautes Autorités du Gabon.

RTN : Vous avez été partenaire de 55h de l’Innovathon, pensez vous que le Gabon peut être réellement la rampe de lancement du génie logiciel en Afrique ?

ABBO : La tenue des 55 h « Innovathon » dont l’ANINF a été partenaire en est la parfaite illustration.

Après le Bénin, le Sénégal et le Maroc, l’Innovathon de la Francophonie qui a fait une escale à Libreville trois mois après le lancement officiel … … du FFIN et l’ANINF a contribué à l’atteinte de son objectif.

Il s’agit là de la matérialisation par le Gabon de l’appel lancé par la Secrétaire Générale de la Francophonie Michaëlle Jean qui avait exhorté au renforcement des capacités entrepreneuriales des jeunes par l’indispensable appui du numérique comme outil de transformation sociale et catalyseur de créativité.

De plus, cet événement s’est déroulé dans les locaux de l’Institut Africain de l’Informatique (IAI), un symbole fort lorsqu’on connaît l’histoire de cette institution panafricaine créée en 1971 avec pour vocation l’enseignement et la diffusion des connaissances informatiques auprès de ses onze États membres. Nous avons donc pu prendre la mesure de l’engouement et du potentiel des jeunes Gabonais dans le développement des applications numériques. Le Gouvernement Gabonais va renforcer à travers plusieurs structures son dispositif d’accompagnement des jeunes entrepreneurs. Au regard de ce qui précède je réponds par l’affirmative à votre question.

 

RTN : Dans la même veine, expliquez-nous le concept de lycée numérique d’application dont vous êtes un grand acteur ?

ABBO : Le concept de classe numérique s’inscrit dans la droite ligne du programme e-éducation de l’ANINF, qui depuis 2011, permet de doter les établissements scolaires, secondaires et universitaires en Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

Le Lycée Nelson MANDELA vient également de bénéficier d’une salle de classe numérique après plusieurs autres établissements à l’instar du Centre Basile ONDIMBA, le Prytanée Militaire, le Lycée Paul INDJENDJET NGOUNDJOUT, l’école Conventionné d’Owendo, le CAPL de Gros Bouquet, l’ENSET, l’IPN…

Il s’agissait donc pour l’ANINF de doter cet établissement public de locaux aux standards internationaux, pour améliorer le confort des élèves, des professeurs et de moderniser les enseignements en intégrant l’usage des nouvelles technologies.

RTN : Avez-vous d’autres projets à court, moyen, long terme pour stimuler le secteur du numérique au Gabon ?

ABBO : Dans le cadre de la mise en œuvre du plan sectoriel Gabon Numérique, l’ANINF s’est vu confiée un portefeuille de projets de développement d’infrastructures et d’applications. Certains d’entre eux à l’instar de la connectivité ACE, e-visa sont arrivés à terme. Ce qui a permis au Gabon d’être distingué par l’Union Internationale des Télécommunications (IUT) en décembre 2014 comme le premier pays en Afrique centrale en matière de développement des TIC et en septembre dernier à l’occasion des 150 ans de cet organisme avec le décernement du prix TIC pour le développement durable.

Toutes ces avancées sont d’abord le résultat du leadership et des engagements de son S.E Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, pris en 2011 à Genève puis en 2013 à Kigali.

Malheureusement nos États ont besoin d’accompagnement. C’est pourquoi l’ANINF s’oriente de plus en plus vers une diversification de ses partenariats pour assurer la réalisation des phases d’extension des projets tels que le Backbone National du Gabon (5000 km de fibre optique), Réseau de l’Administration Gabonaise, E-éducation…

L’Agence a également en priorité le lancement de la PKI administrative et commerciale aux fins de sécuriser les transactions électroniques, la réalisation d’applications issues du Schéma Directeur du Système d’Information, et la construction d’un Datacenter national, pour ne citer que ceux-là.

RTN : La création de la SPIN ne réduit-elle pas votre domaine de compétence ?

ABBO : L’ANINF et la SPIN sont complémentaires. L’Agence bâtit l’infrastructure numérique qui garantit la communication et l’accès aux services, socle du développement de l’économie numérique. Quant à la SPIN, elle permet de valoriser cette infrastructure sur le modèle de l’accès ouvert. Les missions de chaque entité sont donc bien définies au sein du cadre règlementaire de l’économie numérique.

Loading Facebook Comments ...

Laisser un commentaire