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Yves Castanou, ARPCE: « Faire entrer le Congo dans le top 5 des pays africains leaders des TIC »

 

Créée en 2009 par l’Etat congolais, l’Agence de Régulation des Postes et des Communications Electroniques (ARPCE) est l’autorité de contrôle, de suivi et de régulation des secteurs des postes et communications électroniques. Sa mission : garantir et protéger à la fois les intérêts de l’Etat, des consommateurs, des opérateurs et des prestataires dans les secteurs régulés.

Dans son Dossier consacré aux meilleurs opérateurs télécoms 2014, Reseau Telecom Network a interrogé son Directeur Général, Yves Castanou. Il nous fait le bilan de ces actions en 2014 et évoque ses attentes pour 2015.

Votre organisation est la meilleure agence de régulation et gouvernance d’Afrique Centrale en 2014, que représente pour vous une telle distinction ?

Yves Castanou : Ce prix représente pour l’ensemble du personnel de l’ARPCE et pour moi-même, une reconnaissance de l’Afrique et de la sous-région pour le travail de régulation que nous avons accompli en moins de cinq ans, par la Grace de Dieu. Comme vous le savez, c’est une fierté de voir les efforts fournis être reconnus et appréciés. Ce trophée nous aspire à aller plus loin, à travailler davantage pour que le secteur des télécoms en Afrique se développe à travers le Congo. C’est aussi et surtout une nouvelle étape que nous venons de franchir  vers l’atteinte de notre vision qui est celle de « faire entrer le Congo dans le top 5 des pays africains leaders des postes et des Communications Electroniques ».


Quel bilan faites-vous de l’année 2014 ?

YC : Lannée 2014 a été particulièrement riche en événements pour le Régulateur que nous sommes.  Nous avons en effet, mené beaucoup d’activités nationales et internationales, entre autres, l’organisation du Forum régional de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) sur les aspects économiques et financiers des télécoms en Afrique ; la célébration de la journée internationale des jeunes filles dans le secteur des TIC, brillamment animée par les jeunes femmes de l’ARPCE ; la signature du protocole d’accord avec la Direction Générale de la Marine Marchande sur le contrôle et l’inspection des équipements de communications électroniques de tout navire présent sur les eaux maritimes congolaises et la participation à la 19è conférence de plénipotentiaires de l’UIT.

En tant que Régulateur, notre mission est de veiller aussi bien sur les intérêts de l’Etat, des opérateurs que des consommateurs. C’est ainsi que constatant la persistance de la mauvaise qualité des réseaux au niveau des deux plus grands opérateurs de téléphonie mobile de notre pays ce, malgré nos multiples interpellations, l’Autorité de Régulation a infligé à ces derniers en avril 2014, une sanction pécuniaire. Lamende collectée a été reversée dans les caisses de l’Etat, conformément aux dispositions prévues par la loi et ont permis de faire bouger les lignes au sein des états-majors de ces sociétés qui sont des multinationales. Aujourd’hui MTN-Congo et Airtel-Congo, puisqu’il sagit d’eux, ont injecté plusieurs milliards de Francs CFA pour la rénovation de leurs équipements respectifs, prenant en compte le fait qu’ils soient passés à des technologies de nouvelles générations telles que la 3G. Un contrôle prévu de commun accord avec les concernés, aura lieu en février prochain pour faire l’état d’avancement des travaux.

Dans le cadre de l’appui à la formation, un volet qui me tient particulièrement à cœur, nous avons cofinancé avec d’autres partenaires, la réalisation du Programme Universitaire d’Innovation en Télécommunications (PUITS) de l’Université Marien Ngouabi. Une plateforme d’échanges entre le monde universitaire et professionnel dotée d’infrastructures de pointe, qui offre aux étudiants congolais des filières de formation en matière du Numérique.

A côté de cela, il convient de souligner nos missions régaliennes et quotidiennes qui visent notamment, le contrôle du spectre des fréquences, des pylônes et la qualité des services, le monitoring du trafic téléphonique, l’Observatoire des marchés, la promotion des droits des consommateurs grâce au 50-50, le Centre d’écoute des consommateurs, un outil qui nous permet d’assister les consommateurs des services postaux et des communications électroniques dans la résolution des litiges restés en suspens, les opposant aux opérateurs. La liste des activités est encore longue, je ne peux les citer toutes.


Qu’attendez-vous des opérateurs et prestataires des services postaux en 2015 ?

YC : Je tiens à souligner que l’année 2014 a été pour nous une occasion d’insuffler une nouvelle dynamique dans le secteur postal à travers notamment, la mise en œuvre du projet sur la Concession du Service postal Universel et la célébration de la Journée Mondiale de la Poste. Nous avons également poursuivi les opérations de sensibilisation pour amener les opérateurs postaux privés à respecter leur cahier des charges établi par l’Etat. Ceci dans l’optique d’offrir aux consommateurs des services postaux de qualité et de booster le marché postal pour qu’il devienne aussi compétitif que celui des Communications Electroniques et porteur d’emplois. C’est possible. Nous allons renforcer notre collaboration avec les opérateurs et prestataires postaux afin de mettre en place un Observatoire de ce marché grâce aux données et informations que nous collecterons. Un peu à l’image de ce que nous faisons déjà au niveau des Communications Electroniques.

Toujours au cours de cette année 2015, en ce qui concerne l’autre volet de nos missions régaliennes, nous envisageons de mettre en place un laboratoire d’homologation d’équipements électroniques en République du Congo. Ce laboratoire fait partie des grands projets de l’ARPCE, car il permettra au Régulateur d’améliorer les méthodes de certification des équipements de communications électroniques qui entrent dans le territoire national. Il sera aussi utilisé par d’autres pays de la sous-région car le Congo va être le premier Etat à mettre en place un tel outil.

Un autre grand chantier qui est cher au Régulateur au regard de son importance pour le pays, concerne l’acquisition d’un système évolué de gestion automatisé du spectre des fréquences radioélectriques. Ce système, une fois acquis, permettra de répondre aux questions de souveraineté et de sécurité nationales liées à nos ressources fréquentielles régulièrement exposées aux brouillages et utilisées illicitement par certains pays frontaliers.


Votre mot de la fin ?

YC : A lorée de son 5e anniversaire, la famille ARPCE voudrait une fois de plus remercier le comité d’organisation des ATP Awards ainsi que les membres du jury pour cette distinction qui met en lumière nos efforts quotidiens et qui hisse notre institution au plus haut niveau dans la sous-région Afrique Centrale.

 

Nous allons poursuivre sur cette lancée avec plus de détermination et de créativité pour valoriser davantage l’impact de l’action de l’ARPCE dans les secteurs de la Poste et des Communications Electroniques. Une action qui vise un seul idéal : celui de faire entrer le Congo dans le top 5 des pays africains leaders dans ces deux secteurs stratégiques de l’économie mondiale, conformément à notre vision.

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